Erdinger Weissbier : la mort de Werner Brombach, l’homme qui a exporté la bière de blé bavaroise

Verre de bière de blé bavaroise à la mousse dense, dans l'esprit de l'Erdinger Weissbier

La brasserie bavaroise Erdinger Weißbräu a annoncé le dimanche 9 août 2026 la mort de son propriétaire, Werner Brombach, survenue la veille à l’âge de 86 ans, après une courte maladie et entouré de sa famille. Il aura dirigé pendant un demi-siècle la maison qui a fait connaître l’Erdinger Weissbier bien au-delà des frontières allemandes.

Cinquante ans à la tête d’une maison familiale

Né le 29 décembre 1939 à Erding, en Bavière, Werner Brombach était le benjamin des trois fils du brasseur Franz Brombach. Il reprend l’entreprise en 1975, au décès de son père, et en conserve les commandes jusqu’à sa mort. La brasserie, fondée en 1886, est restée indépendante et familiale pendant toute cette période, à rebours du mouvement de concentration qui a redessiné le paysage brassicole européen. Sous sa direction, elle est devenue la plus grande brasserie de bière de blé au monde.

Il laisse sa fille Claudia et son gendre Alexander. La brasserie n’a pas communiqué davantage sur la suite ; nous nous en tiendrons donc à ce qui est établi.

La Weissbier, un style que peu de maisons avaient su exporter

Un mot d’explication pour ceux qui découvrent le style. La Weissbier, ou Weizenbier, est une bière de blé bavaroise : le moût y est composé pour une bonne moitié de malt de blé, et non uniquement d’orge. C’est surtout la levure qui la signe, en produisant des arômes de banane et de clou de girofle très reconnaissables. Titrant généralement autour de 5 % vol., souvent trouble parce que non filtrée, elle se sert dans un verre haut et évasé qui laisse la place à une mousse abondante.

Peu de brasseries ont réussi à imposer ce style hors d’Allemagne. C’est une famille voisine, mais distincte, de la bière blanche belge, qui repose sur du blé cru et se parfume à la coriandre et à l’écorce d’orange. Les deux se ressemblent à l’œil, beaucoup moins au nez.

Le mérite que la presse allemande attribue à Werner Brombach tient là : il a misé sur un style régional à un moment où la lager blonde dominait tout, et il en a fait un produit d’exportation. La démarche mérite d’être observée par les brasseurs français qui cherchent aujourd’hui à défendre des styles locaux.

Un secteur allemand sous pression

Sa disparition intervient dans un contexte peu favorable. La consommation allemande recule depuis des années, une tendance de fond que nous évoquions déjà lorsque les Allemands consommaient moins de bière d’année en année. Les maisons familiales indépendantes de la taille d’Erdinger, ni artisanales ni adossées à un groupe mondial, sont dans une position délicate : trop grandes pour vivre du seul marché local, trop petites pour peser face aux géants.

Ce que devient une brasserie après le départ de la génération qui l’a construite est une question qui dépasse largement Erding. Elle se posera de plus en plus souvent en France aussi, où les pionniers des années 1990 arrivent à l’âge de la transmission.

Vous avez déjà bu une Erdinger, ou une autre Weissbier bavaroise ? Racontez-nous en commentaire ce que ce style vous évoque, et les bières de blé françaises qui vous semblent tenir la comparaison.

Sources : Bière Actu, 10 août 2026, ainsi que les nécrologies publiées par l’Abendzeitung München et t-online.

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