La Belgique s’apprête à célébrer sa bière pendant dix jours d’affilée. La fédération Belgian Brewers, qui rassemble les brasseurs du pays, organise du 4 au 13 septembre 2026 les Belgian Beer Culture Days, une série de festivités réparties sur l’ensemble du territoire belge.
Dix jours de fête pour dix ans de reconnaissance
La date n’a rien d’un hasard. 2026 marque le dixième anniversaire de l’inscription de la culture brassicole belge sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, obtenue en 2016. Plutôt qu’une cérémonie ponctuelle, la fédération a choisi d’étaler l’anniversaire sur dix jours et de le décentraliser dans tout le pays, avec un site dédié : belgianbeerculturedays.be.
Le calendrier a manifestement été pensé pour englober le Belgian Beer Weekend, qui se tient à Bruxelles du 4 au 6 septembre. Ceux qui prévoyaient déjà le déplacement vers la capitale belge peuvent donc envisager de prolonger le séjour d’une semaine. Comme souvent avec les grands événements brassicoles, le programme détaillé se précise au fil des semaines : mieux vaut le consulter avant de réserver, les dix jours ne se déroulant pas au même endroit.
Pourquoi l’UNESCO parle de culture, et pas de bière
La nuance mérite d’être expliquée, parce qu’elle est souvent mal comprise. L’UNESCO n’a classé ni une recette, ni un style, ni une marque. Elle a reconnu un ensemble de pratiques sociales : les cafés et leur rôle de lieu de vie, le verre dédié à chaque brasserie, les confréries, les fêtes locales, la place de la bière dans la cuisine et dans les repas. Autrement dit, ce qui se joue autour du verre, pas seulement ce qu’il y a dedans.
Le débat n’est d’ailleurs pas propre à la Belgique. Nous avions déjà suivi les discussions autour de la bière allemande au patrimoine mondial de l’UNESCO, portées par les mêmes arguments. Et en France, l’Association des Bistrots et cafés de France a lancé cet été une pétition pour porter la candidature des bistrots et cafés au même patrimoine culturel immatériel. Trois pays, une même intuition : le lieu compte autant que la boisson.
Ce que cela change pour un amateur français
Concrètement, septembre devient une fenêtre intéressante pour un week-end brassicole de l’autre côté de la frontière. Le nord de la France est à quelques heures de Bruxelles, de la Flandre et de la Wallonie, et la période échappe à la cohue estivale. Si vous n’avez jamais poussé la porte d’un café belge un jour de fête, c’est probablement le bon moment : nous avions déjà observé à quel point les bières belges savaient voyager, y compris jusqu’à Paris.
Une réserve, tout de même. Un anniversaire porté par une fédération de brasseurs reste un exercice de promotion collective : on y célèbre autant un patrimoine qu’un secteur économique. Cela n’enlève rien à l’intérêt de l’événement, mais cela invite à lire le programme pour ce qu’il est, et à préférer les rendez-vous où l’on rencontre vraiment des brasseurs à ceux qui se contentent d’aligner des marques.
Et puisqu’il sera question de culture pendant dix jours : la modération en fait partie. Une fête de la bière se savoure mieux en dégustant qu’en accumulant.
Vous comptez traverser la frontière en septembre ? Dites-nous en commentaire quelles villes ou quelles brasseries vous aimeriez que nous suivions de plus près.
Source : Bière Actu, 10 août 2026, et le site officiel de l’événement. La pétition française sur les bistrots et cafés est rapportée par L’Hôtellerie Restauration.



