L’Union européenne reste une grande terre de brasseurs, mais ses ventes hors de ses frontières marquent le pas. Selon les chiffres d’Eurostat publiés le 7 août 2026, l’UE a exporté 32 millions d’hectolitres de bière vers des pays tiers en 2025, soit un recul de 11 % sur un an.
Des exportations de bière en recul, des importations en hausse
Le chiffre a été diffusé le jour de la Journée internationale de la bière, ce qui ne manque pas de sel : pendant que le monde trinquait, les statisticiens européens confirmaient que les volumes partant vers les pays tiers se réduisent.
Dans le même temps, les importations en provenance de pays hors UE ont progressé de 6 %, pour atteindre 5 millions d’hectolitres. L’écart entre les deux flux reste considérable, mais les courbes vont désormais dans des directions opposées.
Ce repli ne sort pas de nulle part. Nous l’observons depuis plusieurs mois dans les comptes des grands groupes : Heineken a supprimé 3 000 postes tout en voyant son bénéfice progresser. Quand les volumes ne montent plus, les brasseurs jouent sur les prix et sur les coûts plutôt que sur les litres.
La Belgique exporte, la France importe
En tenant compte des échanges internes à l’Union comme de ceux vers les pays tiers, la Belgique conserve son rang de premier exportateur du continent, avec 15 millions d’hectolitres écoulés en 2025. Les Pays-Bas suivent de près avec 14 millions, devant l’Allemagne et ses 13 millions.
Le classement des importateurs raconte une tout autre histoire. La France arrive largement en tête avec 9 millions d’hectolitres achetés en 2025, devant l’Italie (plus de 7 millions), puis l’Allemagne et l’Espagne (6 millions chacune).
Autrement dit : nos voisins du Nord brassent pour le monde, et nous, nous buvons ce que le monde brasse. Ce n’est pas un jugement, simplement une photographie du marché.
Ce que cela change dans votre verre
Être le premier importateur européen a un effet très concret en rayon : une offre étrangère abondante, des lagers industrielles importées à bas prix comme des spécialités belges, allemandes ou tchèques faciles à trouver. Pour un amateur curieux, c’est une chance.
Pour les brasseries françaises, la lecture est plus contrastée. Le marché intérieur est disputé, et un marché européen qui exporte moins signifie aussi davantage de volumes cherchant preneur à l’intérieur de l’Union. La différenciation par le local, le style ou la qualité devient une nécessité plus qu’un argument marketing.
Le calendrier réglementaire ajoute une couche : depuis le 12 août 2026, le règlement PPWR s’applique aux emballages de bière, avec des exigences de conformité qui pèsent davantage sur les petites structures que sur les groupes internationaux.
Un chiffre annuel ne fait pas une tendance de fond, et il faudra voir si 2026 confirme ce mouvement ou le corrige. Nous continuerons à suivre cette actualité de la bière au fil des publications d’Eurostat.
Et vous, regardez-vous l’origine des bières que vous achetez, ou est-ce le style qui décide ? Dites-le nous en commentaire.
Source : Bière Actu, d’après les données Eurostat publiées le 7 août 2026.



