Une bouteille de Guinness datée de 1864 a été remontée des fonds de la Manche, au large des côtes normandes. L’information a été publiée le 13 août 2026 par le webzine Malts & Houblons, qui rapporte la trouvaille d’un plongeur resté anonyme. Cent soixante-deux ans sous l’eau, et une étiquette encore identifiable : de quoi arrêter n’importe quel amateur de stout.
Une bouteille intacte après cent soixante-deux ans
Le contenant serait resté intact malgré son long séjour immergé, et porterait toujours l’étiquette estampillée de la brasserie irlandaise. Les premiers examens orientent vers un cargo qui transportait des marchandises entre l’Irlande et l’Angleterre. Naufrage, chute par-dessus bord ou rejet volontaire ? À ce stade, personne ne tranche, et c’est bien l’une des questions que les chercheurs veulent éclaircir.
Pour situer la date : 1864, c’est l’année où Abraham Lincoln est réélu et où Paris se dote de ses premiers grands boulevards haussmanniens. Guinness exportait alors déjà massivement, mais avec des recettes et des méthodes de conservation très différentes de celles d’aujourd’hui. Si vous voulez remettre cette date en perspective, notre fiche sur l’histoire de la brasserie Guinness retrace les grandes étapes de la maison dublinoise.
Ce que les chercheurs espèrent y lire
La bouteille a été confiée à une équipe de l’Université de Caen, en collaboration avec des experts de la brasserie Guinness. Le programme annoncé tient en trois étapes.
- Vérifier l’authenticité. Analyse du verre, de l’étiquette et du bouchon, vraisemblablement en liège. Avant toute chose, il faut écarter l’hypothèse du canular.
- Évaluer l’état du contenu. Si de la bière subsiste, l’enjeu est de l’extraire sans l’altérer. À défaut, les résidus peuvent déjà livrer des informations.
- Reconstituer son histoire. En croisant les archives de Guinness et les registres maritimes, l’équipe espère identifier le navire et les circonstances du naufrage.
L’intérêt dépasse la curiosité. Analyser le contenu d’une bouteille scellée du XIXe siècle permettrait de comprendre comment on brassait et comment on stabilisait une stout d’export à cette époque. Retracer son parcours éclairerait aussi les routes commerciales entre les îles Britanniques et le continent, la Manche ayant longtemps fonctionné comme une autoroute maritime.
Non, personne ne la boira
La question vient tout de suite à l’esprit : quel goût aurait cette Guinness ? Réponse la plus probable : aucun goût agréable. Même bien conservée, une bière de cet âge a eu tout le temps de développer des arômes très particuliers, entre notes de moisi, sel marin et liège. La valeur de cette bouteille est documentaire, pas gustative, et c’est très bien ainsi.
Cela n’empêche pas de savourer une stout d’aujourd’hui, mieux maîtrisée et autrement plus agréable. Le style se porte d’ailleurs plutôt bien : en août 2026, une brasserie française a décroché le titre de meilleure stout aromatisée du monde. La stout ne se limite pas aux archives.
Une trouvaille à confirmer
Un mot de prudence pour finir. L’information repose sur un témoignage de plongeur anonyme et sur des examens préliminaires ; l’authentification n’est pas terminée. Tant que les analyses de l’Université de Caen n’auront pas été publiées, il vaut mieux parler d’une piste sérieuse que d’une certitude. Nous suivrons la suite avec attention, et nous reviendrons dessus si les résultats sortent.
En attendant, cette histoire nous rappelle que la bière est aussi un objet d’archive. Vous trouverez d’autres trouvailles du même acabit dans notre rubrique bière insolite, où les fonds marins ne sont pas les seuls à réserver des surprises.
Et vous, quelle bouteille aimeriez-vous voir remonter d’une épave ? Une lambic centenaire, une bière de garde d’avant-guerre ? Racontez-nous en commentaire.
Source : Malts & Houblons, « Une Guinness de 1864 passionne », par Ch. Hamieau, 13 août 2026.



