Saint-Wandrille : quand les moines brasseurs célèbrent dix ans de passion

Abbaye bénédictine en pierre, brasserie abbaye Saint-Wandrille en Normandie

En décembre 2016, un événement discret mais significatif se produisait dans l’Abbaye de Fontenelle, en Seine-Maritime : les moines bénédictins de Saint-Wandrille mettaient en marche leurs premières cuves. Dix ans plus tard, nous revenons sur cette histoire unique, à mi-chemin entre tradition monastique et artisanat contemporain.

Une brasserie née d’une nécessité économique

Comme de nombreuses communautés monastiques, les moines de Saint-Wandrille ont dû trouver des solutions pour assurer la subsistance de l’abbaye. Frère Matthieu Landri, moine et brasseur formé au Lycée BioTech de Douai par Olivier Sénéchal, s’est consacré à la production depuis les débuts. Il perpétue au sein de cette brasserie artisanale un savoir-faire qui allie rigueur monacale et passion de la bière bien faite.

Une blonde à 6,5 %, reflet du terroir normand

La brasserie abbaye Saint-Wandrille produit principalement une bière blonde titrée à 6,5 % d’alcool, dont les ventes contribuent directement au financement de la restauration de l’abbaye. Avec environ 700 hectolitres produits par an, elle a su se faire un nom bien au-delà des frontières de la Normandie.

À l’heure où de nombreuses brasseries peinent à survivre, comme l’illustre la récente fermeture de la brasserie Wolters en Allemagne après 400 ans d’existence, Saint-Wandrille démontre qu’un projet ancré dans une mission plus large peut traverser les turbulences du marché.

La seule brasserie monastique active en France

L’Abbaye Saint-Wandrille est à ce jour la seule brasserie monastique active en France. Si les bières trappistes belges (Chimay, Orval, Westmalle…) sont mondialement connues, la France ne possède pas de brasserie trappiste reconnue par l’International Trappist Association. Saint-Wandrille comble ce vide en proposant une bière abbaye dont la production reste intimement liée à la vie communautaire.

Dix ans après, quelles ambitions ?

L’anniversaire est l’occasion de faire le bilan. Sans chercher à industrialiser leur production, les moines maintiennent un cap clair : produire une bière de qualité, en quantité maîtrisée, qui reflète l’identité de leur communauté. Cette démarche n’est pas sans rappeler l’engouement pour les bières au houblon frais, qui valorisent elles aussi un ancrage territorial fort.

Dix ans après leur premier brassin, les moines de Saint-Wandrille ont trouvé leur place dans le paysage brassicole français. Nous leur souhaitons de nombreuses décennies supplémentaires.

Source : Bière Actu, 13 octobre 2026

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