Il y a des fermetures qui font l’effet d’un signal. La Hofbräuhaus Wolters, installée à Brunswick (Basse-Saxe, Allemagne) depuis 1627, cessera toute production fin décembre 2026. Après une procédure de faillite déposée en juin, la plus ancienne brasserie de Braunschweig tire le rideau — après quatre siècles d’activité et quelque quatre-vingt-dix emplois en jeu.
Quatre cents ans d’histoire qui s’éteignent
Fondée en 1627, la Hofbräuhaus Wolters a traversé les guerres, les crises économiques et la révolution industrielle pour s’imposer comme un acteur régional solide dans le nord de l’Allemagne. Marque identitaire de la ville de Brunswick, la Wolters brassait depuis des générations des bières reconnues des habitants comme de leurs visiteurs.
Mais les pressions économiques actuelles — hausse des coûts de l’énergie, recul de la consommation, concurrence des grandes marques — ont eu raison de quatre siècles de savoir-faire brassicole. Et la fermeture de Wolters n’est pas un cas isolé sur la scène allemande : la brasserie Eichbaum, autre nom historique du secteur, avait déjà fermé ses portes en juillet 2026.
Une crise brassicole structurelle en Allemagne
Selon le Deutscher Brauer-Bund (l’union des brasseurs allemands), les ventes de bière en Allemagne ont reculé de 6 % en 2025, tombant à 7,8 milliards de litres — un record négatif. Sur six ans, ce sont 137 brasseries qui ont cessé leur activité dans le pays. La fermeture de Wolters s’inscrit donc dans un contexte structurel : même des établissements à forte charge symbolique et à forte assise locale ne sont plus à l’abri.
À Brunswick, la disparition de la Wolters sera ressentie bien au-delà des amateurs de bière. C’est l’identité brassicole d’une ville entière qui s’efface avec elle. Quatre-vingt-dix salariés se retrouvent sans emploi d’ici la fin de l’année.
Un écho qui résonne aussi en France
Les similitudes avec la situation française sont frappantes. Comme nous le documentions récemment avec la fermeture de la Malterie du Château après 158 ans d’activité, les établissements historiques ne sont pas protégés par leur seule ancienneté. Outre-Rhin comme dans l’Hexagone, les fermetures de brasseries se multiplient sous l’effet conjugué de la hausse des coûts, du recul de la consommation et d’un marché qui se consolide autour d’un nombre réduit d’acteurs.
La Wolters rappelle que la taille ou l’ancienneté d’un établissement ne constitue pas un rempart suffisant — et que le tissu brassicole européen est en train de se transformer en profondeur. Reste à savoir si des repreneurs se manifesteront pour maintenir vivantes les recettes et l’histoire de la Wolters. Aucune annonce n’a été faite en ce sens à ce jour.
Sources : Vinetur (26 juin 2026) et Bière Actu (30 septembre 2026).
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