Dans la métropole lilloise, une brasserie artisanale relève un défi ambitieux : cultiver son propre houblon en circuit court. La Brasserie des Moulins d’Ascq, ancrée dans le secteur de Villeneuve d’Ascq, entend ainsi maîtriser l’une des matières premières les plus précieuses du brassage tout en tissant un lien fort avec son territoire.
Le houblon, âme aromatique de la bière
Le houblon (Humulus lupulus) est la plante dont les cônes femelles apportent à la bière amertume, arômes floraux, herbacés ou fruités, et un pouvoir conservateur naturel. Dans une bière artisanale, le profil houblonné est souvent ce qui la singularise et la rend mémorable.
Pendant des décennies, la culture du houblon avait quasiment disparu de France, supplantée par les grandes régions productrices d’Allemagne (Hallertau), de République tchèque ou des États-Unis. Mais depuis le début des années 2010, on assiste à un véritable renouveau houblonnier : de nouvelles houblonnières émergent en Bretagne, en Alsace et dans les Hauts-de-France, portées par des brasseurs pionniers.
Les Hauts-de-France, terre de renouveau
La région Hauts-de-France est particulièrement emblématique de ce mouvement. La Flandre et l’Artois ont une longue tradition houblonnière — des cônes de houblon y poussaient autrefois dans les campagnes. Renouer avec cette tradition, c’est à la fois un geste économique, environnemental et culturel.
C’est précisément dans cet esprit que s’inscrit la démarche de la Brasserie des Moulins d’Ascq. En cultivant son propre houblon à proximité immédiate de ses cuves, la brasserie peut travailler avec du houblon vert (wet hops), récolté et utilisé sans séchage, pour des arômes d’une fraîcheur incomparable.
Circuit court : un engagement durable
Au-delà des avantages gustatifs, cette démarche répond à des enjeux environnementaux concrets. Le houblon importé parcourt des milliers de kilomètres avant d’arriver dans les cuves d’un brasseur français ; le produire localement réduit directement l’impact carbone et valorise les terres agricoles environnantes.
Les consommateurs, de plus en plus sensibles à l’origine de ce qu’ils consomment, sont réceptifs à cette démarche. « Bière brassée avec du houblon cultivé à 20 km » — voilà un argument authentique, bien au-delà d’un simple argument marketing.
Une bière de territoire en devenir
Nous suivrons avec intérêt les premières cuvées issues de ce houblon local. Pour découvrir d’autres initiatives de brasseurs engagés, consultez notre dossier Brasseries, et retrouvez Saint-Wandrille : dix ans de brassage monastique dans notre série monastique, ainsi que La Pélican Ambrée à la chicorée pour nos découvertes brassicoles nordistes.




