Cent ans, cela se fête. Le 12 septembre 2026, la Brasserie Castelain ouvre grand les portes de son site de Bénifontaine, dans le Pas-de-Calais, pour célébrer son centenaire avec le public. Entrée libre et gratuite, visites guidées sur réservation, concerts, food trucks et grande vente : le programme annoncé par la brasserie tient autant de la fête de village que de la journée portes ouvertes. La veille, le 11 septembre, clients, fournisseurs et partenaires auront droit à leur propre journée.
Un siècle entre Bénifontaine et la Ch’ti
La brasserie naît en 1926, fondée par trois frères : Ceran, François et Cornil Delomel. Détail savoureux, la maison raconte elle-même qu’ils hésitaient à l’époque entre une brasserie et… une briqueterie. En 1966, Roland et Marie-Louise Castelain, jusque-là distributeurs de boissons, embouteilleurs de vin et fabricants de limonade, rachètent l’établissement et lui donnent leur nom.
Le vrai tournant arrive à la fin des années 1970. Yves Castelain succède à son père et lance en 1979 la Ch’ti, une bière de dégustation qui sortira l’entreprise d’une passe difficile et deviendra sa locomotive. Suivront une houblonnière plantée à côté de la brasserie en 1985, puis la Jade en 1986, présentée par la maison comme la première bière biologique créée en France, certifiée AB. L’écomusée ouvre en 1990 ; il a laissé place en 2024 à un parcours de visite rénové, baptisé Le SPOT.
Une entreprise familiale toujours indépendante
Trois générations plus tard, la brasserie reste familiale et indépendante. Annick Castelain en prend la direction en 2008, avant de passer la main en 2018 à son neveu Nicolas, ingénieur agronome également formé à l’école des brasseurs de Louvain-la-Neuve. La maison a investi dans huit cuves de 300 hL en 2022 et décliné sa gamme bio Cadette pour les magasins spécialisés.
Cette trajectoire n’a rien d’anecdotique dans un paysage brassicole français qui se consolide. Voir une brasserie centenaire rester aux mains d’une même famille reste rare, et les Hauts-de-France collectionnent ce genre de jalons : la Brasserie du Pays Flamand a fêté ses 20 ans en investissant 25 millions d’euros, tandis qu’Ocean Beer débarquait en France, brassée dans le Nord par la Brasserie des Sources. Le territoire continue d’attirer les projets, mais rares sont ceux qui traversent un siècle.
Ce qui vous attend le 12 septembre
La brasserie annonce une journée en accès libre, sans billet payant, avec des concerts, des animations, des food trucks, un bar et une grande vente. Les visites guidées, elles, demandent une réservation préalable : c’est le point à ne pas négliger si vous voulez voir la salle de brassage plutôt que rester dans la cour. Un site dédié au centenaire permet de s’inscrire.
Comprenons-nous bien : il s’agit d’un événement organisé par une brasserie pour sa propre marque, avec ce que cela suppose de mise en avant commerciale. Cela reste, dans les faits, l’une des rares occasions d’entrer dans un outil de production familial de cette taille, guidé par les équipes qui y travaillent. Pour qui suit l’actualité des brasseries françaises, c’est un bon terrain d’observation : on y voit concrètement ce que veut dire brasser à échelle intermédiaire, entre le microbrasseur et l’industriel.
Notre conseil pratique
Bénifontaine se trouve à quelques minutes de Lens et de Loos-en-Gohelle, en plein bassin minier. Si vous faites la route, autant en profiter pour enchaîner avec une autre étape brassicole du secteur dans la journée. Et puisqu’il s’agit d’une journée de dégustation, le rappel s’impose : prévoyez un conducteur désigné ou les transports en commun. Goûter plusieurs bières ne veut pas dire les finir toutes.
Vous comptez y aller ? Dites-nous en commentaire ce que vous espérez y découvrir : la salle de brassage, la Ch’ti au fût, ou simplement l’ambiance des 100 ans.
Information repérée sur Bière Actu (21 août 2026), complétée par la page Histoire de la Brasserie Castelain.



