La Brasserie du Pays Flamand fête ses 20 ans et investit 25 millions d’euros

Cuves et équipements en inox dans une salle de brassage, comme celles installées par la Brasserie du Pays Flamand

Vingt ans après sa création, la Brasserie du Pays Flamand ne célèbre pas son anniversaire avec une bière commémorative et un discours. Elle annonce 25 millions d’euros d’investissement sur son site de Merville, dans le Nord, pour quadrupler la capacité de production de sa marque phare Anosteké. Dans une filière brassicole française qui compte plus de fermetures que d’ouvertures, l’annonce détonne.

Un plan à 25 millions d’euros sur le site de Merville

Fondée en 2006, la brasserie nordiste s’apprête à construire une extension de 6 000 m² sur son site de Merville. L’objectif affiché est clair : multiplier par quatre la capacité de production d’Anosteké, la gamme qui a fait sa notoriété bien au-delà des Hauts-de-France. La brasserie exploite également la marque Bracine.

Un investissement de cette ampleur n’a de sens que s’il répond à une demande réelle. Les chiffres communiqués vont dans ce sens : la production a progressé de 25 % en volume en 2025, sur un marché pourtant orienté à la baisse. Après 60 000 hectolitres brassés l’an dernier, l’entreprise vise 70 000 hectolitres cette année.

Grandir sans renoncer à l’expérimentation

Passer de l’artisanat à l’échelle industrielle pose toujours la même question : que reste-t-il du caractère des bières quand les volumes quadruplent ? La Brasserie du Pays Flamand a apporté un début de réponse en mars 2025 en créant la Spontanerie, une structure dédiée à l’expérimentation brassicole installée sur son site historique de Blaringhem, d’où est sortie la bière Jong.

Le principe est celui d’un atelier séparé : la grande série à Merville, la recherche et les fermentations moins conventionnelles à Blaringhem. C’est une façon d’éviter que la montée en volume ne standardise tout le catalogue. La brasserie entretient par ailleurs une série de créations éphémères sous l’étiquette Anosteké Freestyle, dont la vingtième a été présentée cette année.

Un contre-exemple dans une filière sous tension

Le contexte donne à cette annonce un relief particulier. La France reste le premier pays européen par le nombre de brasseries, mais le solde entre ouvertures et fermetures est devenu négatif, et les lieux emblématiques ne sont pas épargnés : à Paris, La Fine Mousse ferme ses portes après avoir porté la bière craft pendant plus de dix ans.

Face à cette contraction, deux stratégies coexistent. Certains groupes ouvrent leur capital à des investisseurs pour financer leur croissance, comme Fabulous French Brasseurs qui a cédé 65 % de son capital. D’autres, comme la Brasserie du Pays Flamand, misènt sur l’outil industriel et le développement d’une marque forte. Les deux voies traduisent la même réalité : dans un marché qui ne croît plus mécaniquement, la taille et la notoriété deviennent des conditions de survie. Vous retrouverez d’autres trajectoires de ce type dans notre rubrique brasserie.

Ce que cela change pour vous

Concrètement, une capacité quadruplée signifie une disponibilité élargie : plus de références Anosteké en rayon, en cave et à la pression, y compris hors du Nord. Reste à vérifier, une fois les nouvelles cuves en service, que les recettes tiennent leurs promesses. Nous suivrons l’évolution de la gamme après la mise en route de l’extension.

Connaissez-vous les bières Anosteké ou Bracine ? Dites-nous en commentaire si vous les trouvez facilement près de chez vous, et ce que vous pensez de cette montée en puissance.

Sources : RIA, Process Alimentaire et La Gazette France.

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