Molson Coors : le bénéfice recule nettement au deuxième trimestre 2026

Canettes de bière sur une ligne de conditionnement en brasserie, illustration des résultats trimestriels de Molson Coors

Le marché mondial de la bière ne progresse plus en volume, et les grands brasseurs le lisent désormais noir sur blanc dans leurs comptes. Molson Coors, propriétaire notamment de Coors, Miller et Staropramen, a publié le 6 août 2026 des résultats de deuxième trimestre en repli sur presque toutes les lignes.

Des ventes en baisse de 3,3 % sur le trimestre

Le groupe américano-canadien a enregistré 3,0965 milliards de dollars de ventes nettes sur le deuxième trimestre 2026, contre 3,2008 milliards un an plus tôt, soit un recul de 3,3 %. Le bénéfice par action dilué publié chute beaucoup plus fortement : 1,23 dollar contre 2,13 dollars, soit une baisse de 42,3 %.

L’explication tient en trois facteurs que Molson Coors met lui-même en avant : des volumes en retrait, une inflation persistante sur les coûts d’approvisionnement, et des dépenses commerciales et administratives en hausse. Ensemble, ils ont plus que compensé un effet prix et un mix produits pourtant favorables.

Un bénéfice ajusté au-dessus des attentes, mais en net repli

Sur la base ajustée, celle que les analystes regardent en priorité, le bénéfice par action dilué s’établit à 1,58 dollar, en baisse de 22,9 % sur un an. Il dépasse le consensus, attendu à 1,52 dollar. Le détail compte pour les marchés ; il ne change pas la trajectoire industrielle, qui reste orientée à la baisse.

Molson Coors a confirmé ses prévisions annuelles : des ventes nettes stables à plus ou moins 1 % par rapport à 2025, à taux de change constants, et un bénéfice par action ajusté attendu en repli de 11 à 15 %. Le groupe n’anticipe donc pas de rebond d’ici la fin de l’exercice.

Ce que ces chiffres disent du marché de la bière

Pris isolément, un trimestre ne prouve rien. Mis bout à bout avec le reste de l’actualité de la bière de cet été, le signal devient plus lisible. Quelques jours plus tôt, Heineken supprimait 3 000 postes tout en améliorant son bénéfice : la marge se défend par les coûts, plus par les volumes.

En France, le mouvement prend une autre forme, celle du regroupement. Fabulous French Brasseurs a ouvert 65 % de son capital pour financer sa croissance. Deux réponses différentes à une même équation : vendre moins de litres, mais mieux valoriser chacun d’eux.

Pour vous, amateur, l’effet est indirect mais réel. Quand un groupe défend ses marges plutôt que ses volumes, il arbitre : moins de références de fond de rayon, davantage d’investissement sur quelques marques et sur les segments en croissance, à commencer par le sans-alcool. C’est aussi ce qui laisse de la place, en rayon comme au comptoir, aux brasseries plus petites.

Et vous, avez-vous constaté ces derniers mois des changements dans les gammes proposées près de chez vous ? Dites-le-nous en commentaire.

Source : communiqué de résultats du deuxième trimestre 2026 publié par Molson Coors Beverage Company le 6 août 2026, Businesswire.

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